27 février 2015

Ça suit (heureusement qu'il l'ont pas traduit...)

J'ai donc vu It Follows, qui pour paraphraser un bon ami est un très mauvais film : il fait beaucoup trop peur.

Bon, pour moi ça n'a pas été la terreur de The Ring ou de The Descent, mais c'est ce que j'ai ressenti de plus proche en salle (j'avais vu ces deux films dans le relatif confort de mon canapé, lors de soirées solitaires dont je ne souhaite plus parler). Comme chacun sait, l'effet d'un film d'horreur dépend énormément des conditions dans lesquelles on les voit. J'ai vu Le Projet Blair Witch dans une salle bondée et délirante pendant la Fête du cinéma, et je n'ai pas eu le début d'un frisson, alors que je sais de source sûre que ce film peut être très flippant. Je suis donc convaincu qu'on peut voir It Follows sans trembler s'il est diffusé dans une chambre d'étudiants avec cinq potes et plein de bières.

Mais je l'ai vu en salle, et dans ces conditions, c'était super flippant. Bien réalisé (le réal limite les jump scares à la con, il pose une ambiance pétrifiante, avec une musique peu subtile mais bien flippogène), bien joué, bien glauque.

Et surtout, un point essentiel à mon avis : le principe de la malédiction évoquée dans le film est super simple. N'importe qui la comprend, et cette simplicité exclut l'échappatoire, la sortie facile. Je ne spoile pas, je ne vous dit pas de quoi il s'agit, mais c'était vraiment très bon. 

Et je ne vous mets ni l'affiche, ni la bande-annonce, parce que j'ai peur et je ne veux pas voir ça sur mon blog. Allez chercher vous-même.

23 février 2015

Morituri te salutant




Ok, je ne voulais pas trop parler de La Famille Bélier, parce que je suis sûr que des tas de gens l'ont très sincèrement aimé, ont trouvé que c'était un beau film familial qui mettait en avant des qualités d'écoute et de... je sais pas quoi...
Mais face au César du meilleur espoir féminin décerné à sa comédienne principale Louane Emera, je ne peux retenir ma plume à touches.

J'ai détesté ce film. J'y suis allé avec les meilleures intentions du monde, je m'attendais à une charmante comédie française, dans la lignée d'Intouchables que j'avais beaucoup apprécié. De surcroît j'aime bien François Damiens (comme beaucoup de gens), et Eric Lartigau trouve plutôt grâce à mes yeux vu qu'il a réalisé Mais qui a tué Pamela Rose ? et Prête-moi ta main, deux des comédies françaises les plus sympathiques de ces dernières décennies.

Mais La Famille Bélier... je crois qu'il n'y a pas une scène qui ne m'a pas rendu à moitié fou de rage.

J'ai jamais été très fan du Parisien AEF de toute façon.

Ce qui m'a le plus perturbé, c'est que tout le monde dans ce film est un connard. Tout le monde (attention, y a du spoiler dans la suite du texte). 
Il y a ceux qui sont supposés être des connards, comme le maire, qui n'aime pas les sourds (apparemment ça existe, les gens qui n'aiment pas les sourds par principe...). 

Et puis il y a ceux qui sont supposés être nos protagonistes, qui ne valent pas mieux. Notre héroïne est une ado lambda qui se découvre une soudaine passion pour le chant et pour le manque de communication avec ses parents (alors que jusque-là c'était au contraire ce qui la caractérisait).
Notre famille de malentendants est composée de caricatures de paysans : le père qui se met en tête de devenir maire alors qu'il n'a aucune qualité pour ça. Il passe le film à prendre la pose pour des affiches de campagne la main dans le cul des vaches, puis à se ridiculiser devant ses électeurs. Si le film voulait montrer que les sourds pouvaient faire comme les autres, c'est raté (du reste s'il avait voulu faire ça il aurait pu prendre des comédiens réellement malentendants, ça aurait évité les polémiques). La mère, elle, est plus simplement à la ramasse : entre autres elle montre à tout le monde les draps tachés des premières règles de sa fille. Qui fait ça ? Cette famille est horrible, je ne comprends pas pourquoi tout le monde les trouve charmants.

Eric Elmosnino joue un prof de chant obsédé par Michel Sardou (ce qui est déjà étrange) et doté d'une oreille bien spéciale qui lui fait croire qu'une chanteuse de variétoche calibrée The Voice peut présenter la Maîtrise de Radio France (pour info : une des chorales professionnelles les plus cotées du pays). Du coup il envoie sa jeune élève interpréter Je vole, de Sardou. Et... bon, je n'ai rien contre Sardou. En fait, j'aime Sardou, j'ai grandi avec ses chansons. Le bonhomme a l'air horrible, mais ses chansons, j'ai du mal à les détester. Mais je sais une chose : aucun prof de chant n'enverra jamais son élève chanter Je vole au concours de la Maîtrise de Radio France. 
Déjà parce que Sardou, ça le fait pas trop en termes d'image quand on se pointe devant un jury plus habitué à du Francis Poulenc. Et ensuite parce que Je vole, c'est une chanson quasi parlée, elle n'a donc aucun intérêt pour montrer la performance musicale d'un interprète. Du coup ils ont bricolé pour le film une version harmonisées assez moche. Qui bien sûr fascine les jurés.

Et là on en arrive à un autre des gros problèmes du film : Louane Emera.
Je ne la connaissais pas du tout, mais pendant tout le film je me suis dit "Putain cette fille chante comme si elle était dans The Voice, c'est insupportable !"
A savoir pas forcément faux (les notes sont justes), mais en se la pétant à mort, en forçant débilement sur sa voix, bref pas du tout comme la choriste qu'elle est supposée être. Et voir Elmosnino, bon acteur s'il en est, jouer les profs en pâmoison devant ces interprétations au mieux "correctes", ça fait mal aux oreilles et un peu au cœur.
Et, c'est sans doute un détail, mais elle ne joue pas super bien. 

Et puis Elmosnino, il a joué Gainsbourg. Alors forcément, en fan de Sardou ça fait bizarre...

J'aurais mille autres trucs à dire sur ce film. Le public a applaudi à la fin de la séance. Personnellement j'étais estomaqué : j'avais rarement eu autant envie de quitter la salle pendant la projection. Chaque scène m'a laissé un goût amer. Littéralement. Je n'ai pas compris ce qu'on pouvait trouver de drôle là-dedans : les personnages sont tous trop méchants, trop malveillants pour qu'on entre en empathie avec eux. Du coup, des moments qui devraient être forts, comme quand la mère déclare "ne pas supporter les entendants", nous font juste les détester encore plus. 

Je vais quand même finir sur une note positive (presque). Il y a une scène que j'ai aimée. Une. Quand l'héroïne chante Je vais t'aimer pour la fête de fin d'année. Toute la scène est montrée du point de vue des parents, et comme ils sont sourds on n'entend pas la chanson, tout passe par les émotions ressenties par le public autour d'eux. C'est magnifique, c'est une très bonne idée de mise en scène, tout passe dans un silence ponctué d'acouphènes, c'est très beau. 
Malheureusement le film flingue cette scène juste après, quand une fois de retour à la ferme le père demande à sa fille de rechanter Je vais t'aimer alors qu'il lui met la main sur la poitrine pour sentir les vibrations.
D'une part, on a vu les émotions que provoquait la chanson, ce qui crée un effet d'annonce démesuré, qui nécessite d'en donner une interprétation absolument sublime. On a vu le public chialer, il faut que nous aussi, au minimum, on chiale en l'entendant pour de bon. Ce n'est pas le cas. C'est une chanson prétentieuse chantée par une chanteuse prétentieuse, ce n'est pas nul mais absolument pas au niveau nécessaire.
Et, mais ça c'est sûrement juste parce que je ne suis pas entré assez dans le film, c'est quand même un peu bizarre de voir une jeune fille chanter Je vais t'aimer à son père qui lui tient la main sur les seins. Je sais pas, je vois ce qu'ils veulent faire, mais franchement... le film n'est pas assez bon pour se permettre ce genre d'écart.

Attention, une bonne scène ! Vite, gâchez-la dans la scène suivante !
Bref, j'ai haï ce film comme rarement. Si vous l'avez aimé, je suis ravi pour vous, je ne souhaite à personne ce que j'ai ressenti durant la séance. Mais quoi qu'il en soit, quoi qu'on pense du film, je suis sûr d'une chose : l'interprétation d'Emera ne mérite absolument pas un César du meilleur espoir féminin.
Louane Emera, je sais que tu me lis, je sais que tu es là, quelque part, à chanter du R'n B avec tes copines. Tu seras peut-être une grande comédienne. C'est possible. Omar Sy a commencé dans Le Carton et il était pitoyable, aujourd'hui c'est un de nos meilleurs acteurs. Mais ne te repose surtout pas sur le travail fait dans La Famille Bélier, ce sont de bien piètres lauriers. Tu peux faire mieux.

20 février 2015

Dunder Mifflin this is Pam


Bon, c'est pas évident sur le dessin, mais je viens de finir la série The Office. L'américaine, avec Steve Carrel.

Pam la jolie réceptionniste, Jim le vendeur blagueur,
Michael Scott le plus mauvais manager du monde,
Ryan le stagiaire et Dwight le psychopathe.
L'équipe varie bien sûr au fil des saisons, mais ces cinq-là, c'est déjà des valeurs sûres.

Et ça fait toujours un peu bizarre de dire au revoir à des personnages qu'on suit pendant neuf saisons. Même s'il y a des hauts et des bas (la série a notamment une sale tendance à reeboter les personnages à chaque début de saison, les rendant soudain stupides, insupportables, ou au contraire sympathiques alors qu'on les détestait jusque-là, sans vraiment donner de raisons), ça reste une formidable comédie avec des personnages hauts en couleurs.

Mais comme je suis une midinette au cœur d’artichaut sous mes dehors virils et machos (rires), j'ai quand même écrasé ma larme plusieurs fois devant les vicissitudes du couple Pam/Jim, sans doute un des plus romantiques de l'histoire de la série télé. Même si c'est ridicule, même si les intrigues forcent un peu les difficultés, même si c'est trop, c'est plus fort que moi. Ils sont trop mignons.

06 février 2015

Permadeath

Dans Don't Starve, quand vous mourez, vous mourez. Pas de sauvegarde, pas de password, pas de continue. 
Donc quand vous êtes arrivé au premier hiver (à partir du vingtième jour, soit quelques heures de jeu), que vous êtes bien préparé, vous avez du bois, des stocks de nourriture raisonnables, que vous ne prenez pas de risques inconsidérés, mais que vous vous faites maraver par trois mobs parce que vous avez naïvement essayé de casser une petite cahute abandonnée, ben vous êtes un peu dégoûté !

Pas autant que quand vous vous faites démonter la face par Deerclops au bout de 65 jours, mais quand même ! 

Deerclops, c'est lui.
Il est très méchant, et je ne l'aime pas trop.
Et comme ce joyeux événement s'est produit environ une demi-heure avant le début des 24 Heures de la BD, vous savez désormais pourquoi je n'ai pas essayé de jouer pendant l'épreuve, et pourquoi les premières planches étaient mouillées de larmes amères.

02 février 2015

Angoulême 2015



Bref, un festival pas vraiment tourneboulant, mais toujours sympa avec les copains à revoir. Les expos m'ont globalement laissé froid, mais je dois être un peu blasé.

Sinon j'ai jeté un coup d’œil aux autres prestations des 24 Heures de la BD, je vous conseille notamment celle de Damien Cuvillier, celle de Lewis Trondheim et Brigitte Findakly et, comme tous les ans, celle de Boulet, qui est juste stupéfiante (notamment visuellement : le mec s'arrache vraiment les tripes pendant 24 heures, pas comme moi qui me permets de roupiller entre minuit et 7 h du mat').